lundi 14 mars 2011

Le tremblement de terre qui vient de détruire plusieurs villes côtières japonaises nous montre une fois encore le comportement de nos media. Le premier jour, répétition en boucle, ad nauseam, d'un modicum d'informations non vérifiées. Prédominance des images sur l'analyse. Le ton du présentateur du journal télévisé ressemble à celui d'un narrateur de roman à suspense. Quand passeront-ils un jour de la musique pour accentuer l'émotion ? Emotion: tout est dit. Televisions, presse et radio se livrent à une compétition. C'est à qui attirera le plus de lecteur ou de spectateurs. Images de villes dévastées. Images spectaculaires. Spectacle.
Qui entraîne les journalistes dans cette logique ? Est-ce la rédaction ? La direction ? Ou le journaliste est-il, de lui-même, spontanément porté au spectacle ? Les chiffres contradictoires et non vérifiés sont livrés au public. France 2 parle de 10 000  morts. Ce matin, un commentateur connaisseur du Japon parle de 3500 morts seulement. Les journalistes occidentaux auraient transformé un chiffre de la police japonaise, ne parlant que de personnes n'ayant pas donné de nouvelles, en nombre de morts. Mais ce soir encore, France 2 évoque des dizaines de milliers de morts.
Le passé nous a montré comme n'importe quel rumeur est aussitôt colportée par radios et télévisions. Quitte à être niée ensuite.
Le public peut ainsi se régaler d'émotion. Mieux qu'un film catastrophe : la réalité. Le plaisir éprouvé à regarder cette catastrophe est niable. Il me rappelle le plaisir certainement éprouvé pas beaucoup, fascinés, à regarder les Twin Towers s'effrondrer en 2001.Comment, autrement, expliquer l'overdose d'images passées en boucle ?

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