Le tremblement de terre qui vient de détruire plusieurs villes côtières japonaises nous montre une fois encore le comportement de nos media. Le premier jour, répétition en boucle, ad nauseam, d'un modicum d'informations non vérifiées. Prédominance des images sur l'analyse. Le ton du présentateur du journal télévisé ressemble à celui d'un narrateur de roman à suspense. Quand passeront-ils un jour de la musique pour accentuer l'émotion ? Emotion: tout est dit. Televisions, presse et radio se livrent à une compétition. C'est à qui attirera le plus de lecteur ou de spectateurs. Images de villes dévastées. Images spectaculaires. Spectacle.
Qui entraîne les journalistes dans cette logique ? Est-ce la rédaction ? La direction ? Ou le journaliste est-il, de lui-même, spontanément porté au spectacle ? Les chiffres contradictoires et non vérifiés sont livrés au public. France 2 parle de 10 000 morts. Ce matin, un commentateur connaisseur du Japon parle de 3500 morts seulement. Les journalistes occidentaux auraient transformé un chiffre de la police japonaise, ne parlant que de personnes n'ayant pas donné de nouvelles, en nombre de morts. Mais ce soir encore, France 2 évoque des dizaines de milliers de morts.
Le passé nous a montré comme n'importe quel rumeur est aussitôt colportée par radios et télévisions. Quitte à être niée ensuite.
Le public peut ainsi se régaler d'émotion. Mieux qu'un film catastrophe : la réalité. Le plaisir éprouvé à regarder cette catastrophe est niable. Il me rappelle le plaisir certainement éprouvé pas beaucoup, fascinés, à regarder les Twin Towers s'effrondrer en 2001.Comment, autrement, expliquer l'overdose d'images passées en boucle ?
lundi 14 mars 2011
L'amitié meurt petit à petit, assassinée par des petits coups de canif. Elle saigne un peu chaque jour, puis finit par mourir d'épuisement.
En Asie, l'amitié est conditionnée par le respect d’une condition sine qua non : un minimum de courtoisie et de délicatesse mutuelles dans les interactions sociales.
En Asie, l'amitié est conditionnée par le respect d’une condition sine qua non : un minimum de courtoisie et de délicatesse mutuelles dans les interactions sociales.
vendredi 18 février 2011
Vendredi 18 février 2011.
Je regarde le journal TV du soir de France 3. En début de JT, trois faits divers horribles: le viol d'une jeune fille par l'ex de son amie, la disparition d'une joggeuse, puis l'agression d'un enfant. On voudrait terroriser la population, on ne s'y prendrait pas autrement. Décidément, France 3 (dont le PDG, rappelons-le, fut nommé par Sarkozy), n'a pas changé malgré les critiques. C'est reparti comme pendant la campagne électorale de 2007. Rien ne change.
En 2012, les français se feront-ils berner au jeu sarkozien comme en 2007 ? Je n'en suis pas sûr. Je crois percevoir une prise de conscience de ces manipulations parmi mes collègues, certes ayant fait des études supérieures. En revanche, beaucoup de personnes âgées continueront probablement de se faire peur en regardant ces images de meurtres. D'ailleurs, je suis persuadé que beaucoup adorent se faire peur. Dans une sorte de curiosité morbide, combien de vieilles dames se délectent de ces nouvelles de jeunes femmes violées ? Combien de femmes achètent Police Magazine, France Dimanche ? Le métro en est bondé.
Réunion syndicale cet après-midi. Notre secrétaire décrit la nouvelle loi sur les Comités Techniques paritaires : les représentants, au lieu d'être nommés par les syndicats, seront élus par le personnel. Une collègue s'en plaint: "C'est l'individualisation, la mort du collectif. Si un délégué du syndicat ne vote pas dans le sens du syndicat, on ne pourra rien faire. Il restera élu. Avant, on pouvait s'en séparer". Je lui dis: "N'est-pas ainsi quand tu élis ton député ? S'il quitte son parti, il reste député, non ?". Elle me répond que oui, mais qu'elle est contre.
Alors je lui dis : "ne sommes-nous pas contradictoires ? Récemment, nous avons critiqué la direction qui avait refusé qu'un de ses représentants vote différemment du directeur. Et maintenant, nous refuserions le droit à la dissidence dans nos propres rangs ?".
J'ai trouvé cet échange intéressant. Qu'est-ce la démocratie, pour nous ? Voulons-nous une "logique de partis", une logique de groupe où tous les élus doivent toujours voter comme le groupe ? Ou voulons-nous des élus qui votent chacun en leur âme et conscience ? Les "consensus" de groupes sont-ils vraiment démocratiques ? Mon expérience m'incite à penser fortement le contraire.
Je me rends compte que les français se disent démocrates, mais ne sont pas d'accord sur des points cruciaux. Le premier est celui que je viens d'évoquer : logique de partis, ou indépendance d'esprit des individus élus.
Le second débat est celui de est la représentativité, ou la démocratie directe. Il est lié au débat sur la prépondérance des élites, c'est-à-dire la technocratie.
Je me range actuellement résolument dans le camp de l'indépendance des élus, et de la démocratie directe. Mais je suis peut-être minoritaire. Il me semble qu'une bonne partie des maux de la politique vient de l'absence de ces deux valeurs.
Je regarde le journal TV du soir de France 3. En début de JT, trois faits divers horribles: le viol d'une jeune fille par l'ex de son amie, la disparition d'une joggeuse, puis l'agression d'un enfant. On voudrait terroriser la population, on ne s'y prendrait pas autrement. Décidément, France 3 (dont le PDG, rappelons-le, fut nommé par Sarkozy), n'a pas changé malgré les critiques. C'est reparti comme pendant la campagne électorale de 2007. Rien ne change.
En 2012, les français se feront-ils berner au jeu sarkozien comme en 2007 ? Je n'en suis pas sûr. Je crois percevoir une prise de conscience de ces manipulations parmi mes collègues, certes ayant fait des études supérieures. En revanche, beaucoup de personnes âgées continueront probablement de se faire peur en regardant ces images de meurtres. D'ailleurs, je suis persuadé que beaucoup adorent se faire peur. Dans une sorte de curiosité morbide, combien de vieilles dames se délectent de ces nouvelles de jeunes femmes violées ? Combien de femmes achètent Police Magazine, France Dimanche ? Le métro en est bondé.
Réunion syndicale cet après-midi. Notre secrétaire décrit la nouvelle loi sur les Comités Techniques paritaires : les représentants, au lieu d'être nommés par les syndicats, seront élus par le personnel. Une collègue s'en plaint: "C'est l'individualisation, la mort du collectif. Si un délégué du syndicat ne vote pas dans le sens du syndicat, on ne pourra rien faire. Il restera élu. Avant, on pouvait s'en séparer". Je lui dis: "N'est-pas ainsi quand tu élis ton député ? S'il quitte son parti, il reste député, non ?". Elle me répond que oui, mais qu'elle est contre.
Alors je lui dis : "ne sommes-nous pas contradictoires ? Récemment, nous avons critiqué la direction qui avait refusé qu'un de ses représentants vote différemment du directeur. Et maintenant, nous refuserions le droit à la dissidence dans nos propres rangs ?".
J'ai trouvé cet échange intéressant. Qu'est-ce la démocratie, pour nous ? Voulons-nous une "logique de partis", une logique de groupe où tous les élus doivent toujours voter comme le groupe ? Ou voulons-nous des élus qui votent chacun en leur âme et conscience ? Les "consensus" de groupes sont-ils vraiment démocratiques ? Mon expérience m'incite à penser fortement le contraire.
Je me rends compte que les français se disent démocrates, mais ne sont pas d'accord sur des points cruciaux. Le premier est celui que je viens d'évoquer : logique de partis, ou indépendance d'esprit des individus élus.
Le second débat est celui de est la représentativité, ou la démocratie directe. Il est lié au débat sur la prépondérance des élites, c'est-à-dire la technocratie.
Je me range actuellement résolument dans le camp de l'indépendance des élus, et de la démocratie directe. Mais je suis peut-être minoritaire. Il me semble qu'une bonne partie des maux de la politique vient de l'absence de ces deux valeurs.
samedi 29 janvier 2011
Mon premier commentaire concerne la situation politique en Tunisie et en Egypte. La réaction de la France et des Etats-Unis est typique. Après avoir sountenu ces régimes criminels financièrement, diplomatiquement et militairement (par de nombreuses ventes d'armes), les propos de Michèle Alliot-Marie (proposant une collaboration policière avec le régime Ben Ali) ont constitué un bel aveu de complicité.
Les populations se révoltent contre des régimes acquis à la sphère d'influence américaine. La réaction occidentale n'est pas soutenir les populations, mais les dictateurs.
On notera notamment qu'aucune résolution n'a été proposée à l'ONU par les occidentaux pour condamner Moubarak et Ben Ali. Les condamnations par des politiques ont été absentes ou discrètes. Et autant chez les socialistes français, mouillés jusqu'au coup dans la collaboration, que par le gouvernement.
La France, "pays des droits de l'homme", montre une fois de plus que cette phrase usée ressemble à un slogan de publicitaire.
Les populations se révoltent contre des régimes acquis à la sphère d'influence américaine. La réaction occidentale n'est pas soutenir les populations, mais les dictateurs.
On notera notamment qu'aucune résolution n'a été proposée à l'ONU par les occidentaux pour condamner Moubarak et Ben Ali. Les condamnations par des politiques ont été absentes ou discrètes. Et autant chez les socialistes français, mouillés jusqu'au coup dans la collaboration, que par le gouvernement.
La France, "pays des droits de l'homme", montre une fois de plus que cette phrase usée ressemble à un slogan de publicitaire.
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